Cest un mec qui rentre chez sa femme: – Tu vas être contente je t’ai acheté un vison. – super! – Mais je te préviens. Que la cage soit toujours propre, sinon je le vire! Coluche et les belges: Un belge chez le marchand de chaussures : « J’me fais tout le temps critiquer parce que je prends tout le temps les plus grandes !
mercipour cette superbe histoire! Par Anonyme, le 07.03.2022 prend le temps pour faire kaka Par Anonyme, le 12.07.2020 bonsoir! je suis "monoasis" et je tiens à vous dire que mes blogs sur center n'existent plus. je les ai fait d Par Réjeanne, le 23.11.2017
Historique Xavier larvé par un jeune mec. Texte paru le 2017-11-14 par Dixon. Publié par l'auteur sur l'archive wiki de Gai-Éros. Cet auteur vous présente 124 texte (s) et/ou série (s) sur Gai-Éros. Ce texte a été lu 9572 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)
Coluche l'histoire d'un mec, diffusé mercredi 19 septembre sur France 4 à partir de 20 heures 45, repose, avant tout, sur le talent de son interprète principal, François-Xavier Demaison, permettant de trouver le célèbre humoriste.Très crédible dans le rôle, ce dernier arrive à la fois à évoquer le Coluche brûlant avec ses succès les planches mais aussi le Coluche intime, parfois
Cest l'histoire d'un mec qui assayé De nous éveiller à l'humour et à l'amour A la souffrance d'autrui au don de soit et qui y ait arrivé. C'est l'histoire d'un mec qu'on ne risque pas d'oublier Gardons sa foi et son esprit frondeur Pour donner comme lui du bonheur A travers les restos du coeur. Prospérons l'action, étandons l'idée,
descriptiondescriptif du fournisseur Un film et un livre objet lui sont consacrés : - le film « L'histoire d'un mec » est celui d'Antoine de Caune, avec François-Xavier Demaison dans le rôle de Coluche, - le livre est celui de Véronique Colucci, dans lequel sont reproduit des objets ayant appartenu à l'artiste.
Cest l’histoire d’un sale mec (oups ! je retire le mot) qui vous cambriole, jette vos mômes à la rue, revend les biens qui ne sont pas à lui, qui ment comme un arracheur de dents, qui exige que vous travailliez sans cesse, qui fait appel aux forces de l’ordre si vous rouscaillez, qui se pavane chez des potes à lui plein aux as, qui fait bombance sur les Champs Elysée et qui, un
Cest finalement le titre « C'est l'histoire d'un mec à Rolex » qui a primé. Publié le 27-05-2010 à 06h00 L'ouvrage, alors qu'il n'est pas encore dans les bacs, fait déjà du bruit.
Etc'est l'histoire d'un mec qu'est sur l'pont d'l'Alma bon d'accord, si on veut, mais c'est l'histoire d'un mec qu'est sur l'pont d'l'Alma et qui regarde dans l'eau, le mec. Pas con le mec hein. Ah ouais parce que moi j'l'croyais pas ben j'ai été voir et ben c'est vrai hein. Les mecs sur l'pont d'l'Alma y regardent même pas dans l'eau hein
pitchanimation du film : "c'est l'histoire d'un mec" de Decaune
kez3A3. le juin 19, 2018 Par dans Articles 16 784 vues Je ne vais pas prendre de ne vais pas mentir. Je ne vais pas cacher. Je vais raconter. Mon voyage au Gabon a été un des plus dur voyage que j’ai vécu. Il a aussi été un des plus beaux. En intensité, en ouverture, en guérison de moi-même. Cet article est illustré des photos de mon voyage, en 2016, et de nombreux portraits de la femme que j’ai été là -bas. Plonge avec moi dans mon histoire. Gabon, décembre 2016. J’ai atterri à Libreville le 22 décembre 2016. Je partais là -bas pour découvrir le pays et pour voyager. On m’avait prévenu que le Gabon n’était pas un pays facile. On m’avait même dit que c’était dangereux. J’ai eu peur avant de décoller. Mais j’avais prévu ce voyage depuis plusieurs mois. Et j’ai décidé d’y aller malgré tous les avertissements. Parce ce que je crois en mon intuition. Parce que je crois en ma guidance. J’atterris en pleine nuit. Un chauffeur vient me chercher pour m’emmener au airbnb que j’ai loué dans un quartier calme de Libreville, la capitale. Il fait extrêmement chaud. La pluie tombe comme des cordes sur le toit en tôle de mon petit appartement. Je ne connais pas le pays, je n’ai pas vraiment de plans ni de feuille de route, je suis partie à l’aventure avec mon sac à dos, comme j’aime. Je suis une aventurière, et je suis arrivée dans ce pays la fleur au fusil. Le premier jour, je sors très peu. Je crois que j’ai passé la journée à dormir pour m’acclimater au pays. Je reviens d’un voyage d’un mois au Maroc et j’ai besoin de me reposer pour entamer la suite de mon périple. Le deuxième jour, je décide de prendre un taxi pour aller au centre et visiter la ville. Je monte dans un taxi et deux jeunes hommes gabonais sont dedans, nous sympathisons illico, le contact passe. On s’arrête au bord de la plage et ils m’offrent à goûter une noix de coco. Puis ils se proposent de m’emmener manger un morceau dans un boui-boui de la ville. Je les suis. Je suis très contente d’avoir trouvé des guides » locaux ! Je goûte du crocodile oui ! et aussi un poisson dont je ne me rappelle plus. Là , un des deux hommes s’en va, il a des courses à faire, et me laisse avec l’autre, que je nommerais Jee. Jee propose de me faire visiter la ville. Il est très gentil, expressif, attentionné. Je me laisse guider, je suis très contente de l’avoir rencontré, car il me montre les endroits les plus typiques de la ville, et j’aime rencontrer les gens du pays pour visiter à leur manière. C’est ainsi que je construis mes voyages, au fil des rencontre. C’était la veille de Noël, le 23 décembre. Tout va très vite en voyage. Tout es plus intense. On a pas de recul. Je passe la journée avec Jee. Il m’emmène vraiment partout. En fin de journée, nous allons boire des bières sur la fête foraine. On parle, on se rencontre. Il ne me lâche pas d’une semelle. Il me fait la cour en fait. Il me prend la main, tente de se rapprocher de moi. Je le laisse faire, je suis un peu mal à l’aise. Mais il ne me veut rien de mal et il est si gentil. Nous allons prendre un dernier verre dans une boîte de nuit. Il me dit qu’il me trouve très belle et qu’il aimerait être avec moi les Gabonais sont très très rapides en demande en mariage. Je lui explique que je suis plus ou moins dans une relation amoureuse et que je ne cherche personne. Je lui explique ça très clairement. Mais je crois qu’il n’entend pas, ou bien qu’il s’en fout. Je me sens moins seule de l’avoir rencontré, il est vite devenu un point de repère. Il me propose même de m’emmener visiter le nord du pays, rencontrer les populations des villages et sa famille. Ca me tente ! Après avoir bu un verre en boîte, il me raccompagne à mon airbnb. Je le laisse entrer chez moi. Il est très insistant dans ses paroles et extrêmement doué pour me brouiller la tête. À ce moment là , je ne réalise pas vraiment ce qui se passe, je le comprendrais beaucoup plus tard. Nous buvons un dernier verre et mangeons un morceau ensemble. Il demande à dormir avec moi. Je ne veux pas. Je lui demande de partir. Il ne veut pas me laisser. C’était sans doute vers 22h. Tout d’un coup, il se met à pleuvoir, pleuvoir, pleuvoir des trombes comme il en tombent là -bas à la saison des pluie. Je me sens mal de le mettre dehors, si tard, sans taxi pour rentrer avec la pluie qui tombe. Je l’autorise à dormir chez moi au pied du lit, mais pas avec moi ! Je dois presque batailler pour cela, mais Jee finit par accepter de dormir par terre. Au petit matin, il vient dans le lit pour se rapprocher de moi. Je lui dit non, laisse-moi tranquille, je ne veux pas dormir avec toi. Il se remet par terre. J’éprouve de la culpabilité à le faire dormir par terre mais je n’ai vraiment pas envie qu’il dorme avec moi. Le lendemain, je suis de mauvaise humeur à cause de ses circonstances. Je suis à la fois contente de ne pas être seule mais aussi énervée par son comportement que je trouve collant et envahissant. Je suis contrariée par cette situation et en même temps ambiguë car je ne lui dit pas de partir. Je ne sais pas trop quoi faire. J’ai peur de me retrouver seule. C’est tout de même rassurant de l’avoir près de moi pour visiter la ville et je suis un peu vulnérable et sans repère avec les codes du pays. Libreville, c’est la faune !!! Nous nous promenons dans le quartier où j’habite, un petit tour. Je luis dis ensuite que je veux être seule, que j’ai besoin de me reposer. Après de longues négociations, il accepte de me laisser. Il me recontacte plus tard dans la journée pour faire un tour. J’accepte. Il m’emmène faire les magasins, il m’emmène chez quelqu’un de sa famille pour préparer un repas, puis m’emmène me faire les ongles, puis à nouveau chez un autre membre de sa famille qui nous sert à nouveau à manger. Il continue de me faire la cour. Je suis de plus en plus mal-à -l’aise, je lui explique que je ne suis pas disponible, que je suis avec quelqu’un d’autre. Je ne cesse de repousser ses avances. Il n’est pas violent. Il ne fait aucun geste pour me forcer. Il tente simplement d’être en contact continuellement avec moi en me prenant la main. Que je repousse à chaque fois. Mais il ne lâche pas l’affaire. C’est le soir de Noël. Nous allons boire un verre le soir. Au Gabon, il y a des bars partout avec une musique assourdissante. Nous buvons une bière puis deux, puis trois dans un coin de la ville. J’ai envie de rentrer. Il me dit ne t’inquiète pas j’ai un ami qui peut venir te ramener, mais il est pris dans les embouteillages» le soir de Noël, c’est la folie, il y a des voitures partout! Je patiente. Une heure. Peut-être deux heures. À 23h, je n’en peux plus, j’ai vraiment envie de rentrer me coucher. Tant pis pour faire la fête, je n’ai pas la tête à ça. Je me fâche et je lui dit il fait quoi, ton ami ? Ca fait 3 heures qu’on l’attend. Je vais trouver un taxi ». Il me suit, évidemment. Nous trouvons un taxi pour que je rentre chez moi. Je lui dit de me laisser, ce qu’il ne fait pas. Il veut me raccompagner pour être sûr que je rentre saine et sauve chez moi. Sur la route, des gens se battent. Je ne suis pas rassurée. Le taxi nous dépose chez moi. Je ne retrouve plus la grille d’entrée. J’aimerais que Jee reprenne le taxi et me laisse tranquille. Je suis épuisée par ses trois jours d’arrivée, et de harcèlement psychologique. Je me sens vulnérable. J’ai la tête embrouillée. Jee insiste et ne reprend pas le taxi, il descend avec moi. Je suis partagée entre l’envie qu’il parte, le malaise qui est là depuis le presque début de notre rencontre et ma culpabilité de le repousser continuellement. Il est gentil, il prend soin de moi, il n’est pas moche physiquement. Intérieurement, je me dis C’est quoi mon problème ? Pourquoi je me sens mal avec lui alors qu’il est super gentil, qu’il m’emmène visiter sa famille, les lieux de Libreville, etc.. Pourquoi je ne veux pas de lui ? » On rentre chez moi. Je m’assois à la table de la cuisine. Je me rappellerais toujours de ce moment là dans ma tête. Jee est là , il me parle. Il est à mes genoux. Je suis dans un état d’épuisement et de vulnérabilité totale. Il me dit que j’ai beaucoup souffert par amour, et que c’est pour ça que je ne veux pas m’ouvrir à lui. Il me dit que lui, il va tout me donner, il va me faire oublier tous les hommes qui m’ont fait du mal, que je ne sais pas ce que c’est l’amour, qu’aucun homme ne pourra m’aimer comme lui le fera, qu’il va me faire oublier tout le mal que j’ai vécu en amour. Ses mots me touchent le cœur. Je me met à pleurer. Je craque. Je pleure. Je lâche tout. J’ai passé 3 jours à lutter contre lui, à ne pas arrêter de lui expliquer que je ne suis pas disponible, à repousser ses avances, mais là , je craque littéralement. Je n’en peux plus de lui dire non. Je n’en peux plus qu’il ne m’entende pas. Je me dis que s’il me voit pleurer, il va comprendre. Il va comprendre qu’il me harcèle. Je pleure. Littéralement, je le laisse faire, je décide de ne plus lutter contre lui. Je suis complètement immobile à l’écouter avec mes larmes. Un viol, ça arrive comme ça. Tout simplement. Il me prend dans les bras. Il me porte à mon lit. Il me déshabille. Je continue d’osciller entre larmes et explications. Il continue de me rassurer. À un moment, je me souviens m’être dit Peut-être qu’il a raison. Peut-être que c’est moi qui ai un problème avec les hommes et que peut-être il peut vraiment m’aimer. Peut-être qu’il m’a percé à jour et qu’il peut me sauver. » À un moment, je me souviens m’être dit Ok, il faut que ça finisse. Il faut que ça finisse, donne lui un préservatif, fais-le jouir et il va partir ! » Le seul moyen pour qu’il me laisse était de lui donner ce qu’il voulait. Alors, j’ai finis pas lui dire Ok, va-y, on fait l’amour mais tu te protèges ». Il a mis un préservatif. M’a pénétré. Ce n’était pas agréable. J’étais totalement démunie. Sa queue était rude et sans amour. Il a arrêté puis il m’a dit alors, c’est bien ? ». Je lui ai répondu que non, ce n’était pas agréable. J’ai cru que c’était fini, qu’il avait compris. Il a enlevé le préservatif. Puis il a recommencé à vouloir me pénétrer. Je pleurais encore. Comment est-ce possible qu’un homme pénètre une femme qui pleure sans se rendre compte qu’il la viole ? C’est à ce moment là que j’ai réalisé. J’ai réalisé qu’il était en train de me pénétrer sans préservatif et que je pouvais tomber enceinte s’il jouissait en moi. Une alarme s’est allumée illico dans ma tête. J’ai crié, j’ai pleuré, j’ai dit Stop ! Je ne veux pas tomber enceinte, tu es malade ! Tu t’en vas ! Maintenant. » Cette fois-ci, je ne lui ai pas laissé le choix. J’ai tenu bon. J’étais en larmes. Je me suis dit Lorsqu’il va partir, tu vas t’effondrer et ça va être la plus dure nuit de ta vie. » J’ai cru que je m’arrachais le cœur de devoir le faire partir. Il est parti. Les larmes ont cessées instantanément. Je me suis endormie comme une masse. Le lendemain, j’ai appelé une amie et ma famille. C’était le jour de Noël. J’étais encore embrouillée. J’ai tout raconté à mon amie. Elle m’a soutenue. Elle m’a dit avec douceur et amour ce que j’avais besoin d’entendre Tu sais, ce n’est pas parce qu’un mec te veut que tu dois le vouloir. Tu dois choisir les mecs avec qui t’as envie de coucher. Ce n’est pas parce qu’un mec va te faire la cour, être super gentil, te payer tout ce que tu veux, te dire des mots d’amour, que tu dois lui donner ton corps. C’est toi qui choisis. Imagine que tu dois coucher avec tous les mecs que tu croisent dans la rue et qui sont gentils avec toi ! Ce n’est pas possible. » J’ai compris. J’ai compris à quel point j’étais vulnérable et que cet homme était entré dans mes failles. J’ai eu un électro-choc. J’étais dans une rage folle contre Jee. J’ai pris la décision de ne pas le revoir, et le lendemain, lorsqu’il m’a contacté par téléphone, je lui ai assené on ne se revoit pas, c’est terminé. Je ne veux absolument pas te revoir. » Évidemment, il n’a pas compris. Il se demandais pourquoi je réagissais comme ça, moi qui m’était ouverte à lui, qui lui avait ouvert mon corps et mon lit. Il m’a harcelé de messages et d’appels. Je suis allé boire un coca-cola non loin de chez moi. Il m’a appelé à ce moment là en me disant qu’il n’était pas loin, en s’excusant de son comportement, mais qu’il tenait absolument à ce qu’on discute et à me présenter ses excuses. J’étais dans une colère noire. J’ai accepté qu’il vienne pour me présenter ses excuses. Il est arrivé. Je lui ai dit que ce qu’il avait fait, c’était du viol. Je lui ai dit, la rage dans la voix À quel moment, depuis qu’on s’est rencontré, je t’ai dit oui, je veux coucher avec toi ? Oui, je te veux ? À quel moment ??? » À aucun moment, je n’ai dit oui. À aucun moment je n’ai exprimé ni verbalement, ni physiquement que je voulais coucher avec toi ». Je lui ai dit que chez nous, ce qu’il a fait, c’est du viol. Que chez nous, un homme peut raccompagner une femme chez elle et même boire une verre chez elle, mais que ce n’était pas pour ça qu’elle allait coucher avec lui. Je lui ai dit toute ma colère. J’ai été ferme. J’étais dans une colère noire. Les codes ne sont pas les mêmes. Il n’a pas compris que c’était un viol. Comme tous les hommes qui n’entendent pas. Qui ne savent pas que lorsqu’une femme ne dit pas oui, je te veux », c’est qu’elle n’est pas consentante. Comme toutes les femmes qui ne savent pas que lorsqu’elles ne disent pas clairement oui, je te veux » et qu’elle font l’amour quand même, elle se retrouvent en position d’abus de leur propre corps. Une femme doit apprendre à dire non, je ne te veux pas » et oui, je te veux ». Une femme doit apprendre à respecter et écouter son désir et son rythme. Un homme doit apprendre à demander le oui » et le non » d’une femme et à accepter sa réponse. Un homme doit accepter de demander si une femme veut coucher avec lui, dès que cela n’est pas clair. Un homme doit apprendre à laisser une femme parler de son désir, sans attente en retour de pouvoir coucher avec elle. Un homme, s’il est vraiment clair, doit apprendre à recevoir le oui » d’une femme sans avoir, une seule seconde, à le forcer. À le soutirer. À le manipuler. Un homme doit savoir entendre le non et l’accepter sans que cela l’insécurise. Une femme doit apprendre à choisir selon son désir. Selon les élans de son corps. Elle doit apprendre à toujours écouter et savoir dire non si c’est non. À savoir dire non. Après cette conversation, Jee me demande une chose. Et il insiste fortement. Il veut être là jusqu’à la fin de mon séjour à Libreville. J’ai choisis de prendre un billet de train pour l’autre bout du pays afin de continuer ma visite, seule, et Jee me demande d’être là pour me protéger jusqu’à ce que je parte, ce qui doit être le lendemain ou le surlendemain. Il est de nouveau très insistant. Mais les choses sont claires. J’accepte. À partir de ce moment là , Jee reste Jee, il prend soin de moi, mais il ne me touche plus, il a compris. Le jour de mon départ pour l’intérieur du pays, il m’emmène à la gare. Et là , je me rappellerais toujours ce qu’il a fait. Il a mimé un homme qui vient s’assoir à côté moi dans le train et qui essaye de me faire la conversation. Il m’a dit si un homme vient s’assoir à côté de toi et entame la conversation avec toi, tu fais quoi ? » J’ai mimé en retour je tourne la tête et je dis non ». Jee m’a appris à poser mes limites. À comprendre que si je laisse entrer un homme chez moi, dans ce pays, c’est que je suis consentante. À comprendre que si j’entame la conversation avec un homme, c’est que, pour ce même homme, je suis potentiellement intéressée pour aller plus loin. Au Gabon, si un homme aborde une femme, c’est qu’il veut lui faire la cour. Les femmes là -bas, si elles ne sont pas intéressées, tournent la tête en disant non. ». Il n’y a pas de de mi-mesure et de subtilités possibles. Je ne banalise pas ce qui s’est passé. Je ne cherche pas d’excuses à Jee. Il n’aurait pas dû abuser de n’aurait pas dû vouloir me forcer à coucher avec lui. Cet épisode de ma vie m’a beaucoup touché, plus que je ne le pense. Ce que je sais aujourd’hui, c’est que je suis une guérisseuse. C’est-à -dire que cette situation m’a permis de me transformer. Me permet encore aujourd’hui de m’affirmer dans mon désir. Que plus jamais une homme ne me touchera si je ne veux pas. Peut-être que je douterais encore. Peut-être que j’aurais encore et souvent le sentiment qu’on peut entrer en intrusion dans ma vulnérabilité, dans mon psychisme. Peut-être. Je ne suis pas parfaite. Toutes les femmes ont cette problématique. Elles portent cet abus en elle. Moi, ça m’a marqué. Profondément. Si un homme arrive à toucher ma vulnérabilité, alors, il peut abuser de moi. Voilà ce qui est inscrit en moi. Je ne laisserais plus faire cela. Lorsque je montre ma vulnérabilité émotionnelle à un homme, Et que celui-ci en a profite pour m’emmener au lit, Afin de satisfaire son désir, C’est du viol. Et ce n’est pas normal de vivre ça. C’est la réalité de beaucoup de femmes. C’est la réalité de beaucoup d’hommes qui ne savent pas accueillir la vulnérabilité émotionnelle d’une femme. Ou la leur. Et qui abusent de la vulnérabilité de leur partenaire. Par ignorance. Par brutalité. Par envie de pouvoir. De possession. C’est nul. Avec le recul, je vois. Je vois à quel point ce qui s’est passé m’a permis de prendre le chemin de mon affirmation, de l’affirmation de mon désir. J’ai eu besoin de me pardonner. J’ai eu besoin de me pardonner d’avoir eu à vivre ma sexualité de cette manière. J’ai eu besoin de me pardonner d’avoir mis si longtemps à me respecter, à croire en moi et en mon corps. Lorsque je n’ai pas de désir physique pour un homme, je n’y vais pas. Je ne réponds pas peut-être », je ne fais rien croire. Je dis Non, je ne te désire pas. » Et l’homme aura beau me donner tous les arguments du monde, mon désir est plus important que le sien. Mon désir est mon centre sacré. Mon désir est ma boussole. Si je ne te désire pas, ne me fais pas changer d’avis. Si je ne te désire pas, ne me pénètre pas. Si je te désire pas, accepte-le. Depuis ce viol, je n’ai jamais recouché avec un homme si je ne le désirais pas totalement. Et Dieu sait si j’en rencontre des hommes qui m’offrent leur désir ! Beaucoup. Souvent ! À présent, je choisis. Il n’y a plus de doutes possible. Pour pouvoir être vulnérable dans les bras d’un homme sans me sentir en danger, j’apprends à renforcer ma sécurité émotionnelle. À accepter d’accueillir ma vulnérabilité sans avoir peur de me faire violer. C’est la partie la plus difficile. Se pardonner. Retrouver la confiance en soi. Apprendre la confiance totale en soi. Poser les limites qui nous conviennent. Respecter son rythme émotionnel en matière de relation. J’ai choisis que je pouvais être vulnérable sans me faire violer. J’ai choisis de croire que je pouvais être en relation sans me protéger à tout prix et que je pouvais à nouveau ouvrir mon cœur. Et que je le ferais à mon rythme. En posant toujours les limites qui me correspondent au moment où je parle. En osant consolider ma propre sécurité intérieure. Et j’avance main dans la main entre vulnérabilité et sécurité intérieure pour trouver l’équilibre en moi-même, et rencontrer des hommes qui sont mûrs et qui respectent ça. Je sais que toutes les femmes ont besoin de lire ses mots. Que toutes les femmes ont vécu cette insécurité physique et psychique avec un homme, et avec elle-même au moins une fois dans leur vie. Que nous sommes en train de nous engager pour construire des relations équilibrées. Nous pardonner. Ne plus autoriser ce schéma de viol et de violence. Et cela commence par notre histoire. Notre histoire à nous. Je ne repose pas la faute sur l’homme. Je ne repose pas la faute sur moi. Je ne suis pas militante. Mais j’en parle. Je parle du viol et du non-consentement aux hommes que je rencontre. Beaucoup se défendent, ne comprennent pas ce que je dis. Ils sont dans le déni. Je m’en fous. Je sais ce que j’ai vécu. Je sais que ça doit changer. Je sais ce que je veux comme rapport amoureux et sexuel. Je sais que lorsque je suis en sécurité avec moi-même, le sexe est vraiment bon. Je sais que lorsque je dis à un homme je te veux » parce que je le désire vraiment, c’est vraiment là où je me sens femme. C’est vraiment là où je me sens femme. Et c’est vraiment là où j’honore l’homme. Si l’homme ne peut pas comprendre ça, alors qu’il passe son chemin. On a rien à vivre ensemble. Tu sais ce que je veux pour toi ? Que tu te pardonnes. Que tu saches dire non. Que tu comprennes que ton désir est sacré et qu’aucun homme et aucune femme ne peut le forcer. Que ton désir n’appartient qu’à toi-même. Que c’est toi qui choisis. J’ai envie que tu t’accueilles totalement dans ta vulnérabilité, et que tu te sentes en sécurité. Que tu cesses d’attirer à toi des situations où tu ne sais pas dire non. J’ai envie que tu puisses te pardonner de ne pas t’être toujours respectée et que tu mettes de l’amour sur ce que tu es, plutôt que de la culpabilité. Voilà où j’ai envie de t’emmener. Mathilde Chaque semaine, je t’envoie un email inspirant et privé pour que tu prennes confiance en toi.
Mis à jour le 22 décembre 2021 à 20h02 Après dix ans d'une relation idyllique, Fabiana et Samuel ont un enfant. Mais cette paternité le pousse à avouer être transgenre et vouloir devenir femme. Par Lucile Quillet Quand je rencontre Samuel au travail, je suis déjà mariée à un autre homme. Je réalise que cette union raisonnable, avec un mari plus ami qu'amant, ne me rendra pas heureuse. Samuel - plus jeune de cinq ans - est certes beau, mais surtout drôle, plein de vie, intelligent. Je me retrouve en lui mêmes familles traditionnelles, mêmes valeurs d'honnêteté et de générosité... C'est le bon. À 27 ans, je divorce et pars vivre cet amour fusionnel dont je rêve. Un brin macho, il insiste pour payer la note au restaurant, m'offre bijoux, chocolats et fleurs. Après un mariage somptueux, nous vivons des années hédonistes, simples et heureuses. Puis, j'ai 34 ans, nous voulons un enfant. Hugo arrive dans notre vie. Et tout notre équilibre est bouleversé. Comment il s'est cherchéMon alter ego devient alors amer, agressif, irascible. Surtout, il montre très peu de tendresse envers notre nouveau-né. Son père l'a peut-être élevé à la dure, mais je ne comprends pas comment un homme peut être si distant avec son fils. Je ne suis pas bien avec moi-même », avoue-t-il. Il décide d'aller voir un psy, je me dis qu'il s'agit d'une phase, qu'il a du mal à se positionner dans sa parentalité. Je garde la foi, et mon sang-froid avec. Pendant ces longs mois, je porte à bout de bras notre foyer, notre couple et notre fils. Je pleure beaucoup, avant de ravaler mes larmes. Samuel, de son côté, ne pense qu'à lui. Un jour, il déclare être devenu végétarien. Un autre, il se met au régime. Avant de décréter que ses poils le gênent. Il rase cette barbe que j'aime tant. Opte pour un look androgyne. Lui qui écoutait du rock passe de la musique latino et pop à la maison. Au bout d'un an, il retrouve le sourire. De mon côté, rien ne va où est passé mon mari ? Avec des clichés comme seule boussole, je lui demande s'il est homo, bisexuel... Il réfute tout, niant que quelque chose a éclaté en lui."J'imagine alors qu'il peut être moitié fille, moitié garçon, du moment qu'il reste mon homme." Puis ses réponses se font plus allusives. Jusqu'au jour où le mot transgenre » s'échappe de sa bouche. Fabiana, je me vois comme une fille. » D'un coup, je ne sais plus qui est cette personne en face de moi. Rien ne m'a jamais laissé penser qu'il n'était pas un garçon. Mon mari m'a menti pendant douze ans. Où sont passées ces belles valeurs de transparence et de confiance ? Il a beau répéter je suis toujours la même personne, il s'agit juste d'apparence », je me sens trahie. Mon monde explose, pourtant, je reste rationnelle. Samuel est le père de mon fils, celui que j'aime. J'imagine alors qu'il peut être moitié fille, moitié garçon, du moment qu'il reste mon homme. tu peux te mettre en robe à la maison. » Ce sera notre compromis. Les semaines suivantes sont dures. Je navigue entre la rancoeur et l'incertitude. Quand il pose les yeux sur lui, mon fils ne sait plus qui est cette personne derrière la perruque et les fards. Alors Samuel retire tout et lui explique il est bien son père, mais a besoin d'être lui-même, c'est-à -dire une fille. De plus en plus habitué, Hugo finit par trouver ça drôle de chercher papa » derrière les vêtements. Ce qui me rend si triste est devenu un jeu pour lui. Puis, après deux mois, je réalise que Samuel est le même. Certes, il y a les habits de femme, le maquillage, le déguisement » qu'il revêt à la maison, loin des regards, et les rencontres avec d'autres transgenres. Mais l'âme de Samuel n'est pas un personnage ses attentions, son inquiétude, son humour, ses sentiments sont sincères. Notre connexion est bien réelle. J'apprends alors à différencier les choses pour lesquelles il a joué » un rôle, qui relèvent surtout de l'apparence, du reste. Je pardonne ces douze années de dissimulation partielle. À ce moment-là , nous tentons de faire un deuxième enfant. Sans doute pressentions-nous que le temps était il s'est trouvéCar, peu à peu, il devient de plus en plus elle ». Et elle » en veut toujours plus. Ses cheveux se font plus longs, ses sourcils plus fins, ses poils sont éradiqués au laser. Au lit, son comportement a changé et me dégoûte. Nous ne faisons plus l'amour. Je vois, impuissante, ce masque féminin s'ancrer sur son visage, alors que lui se libère enfin de celui, masculin, qui l'asphyxie. Après six mois, le point de non-retour est franchi. Je veux faire un traitement hormonal, je veux changer de sexe », annonce-t-il. Pour moi, c'est très clair ce compromis avec lequel nous avons cru pouvoir nous accommoder n'est plus. Choisir la rupture m'aide à l'accepter. Je sais que je peux faire mieux que me cramponner à ma douleur. Samuel, lui, est prêt à foncer dans sa transition sans réfléchir. J'ai peur qu'il fasse de mauvaises rencontres, qu'il perde son emploi, qu'il se suicide, comme tant de transsexuels qui se brûlent les ailes à vouloir aller trop vite. Mon fils ne peut pas perdre son père. Alors je décide de l'accompagner. Nous avançons par étapes changer sa garde-robe, apprendre à se maquiller, trouver un appartement proche, mettre de l'argent de côté, réfléchir à comment l'annoncer au travail, planifier la chirurgie... Parfois, je m'énerve de le voir si fofolle ». En même temps que je construis cette femme, je déconstruis mon mari et fais mon deuil. Pendant ces mois, nous parlons énormément de transsexualité, Samuel me raconte son enfance sous le prisme du secret. M'explique que, à la naissance de notre fils, jouer au père lui était impossible. Je comprends que ma douleur d'épouse n'est rien par rapport à la souffrance qu'il porte en lui depuis si longtemps. Puis Samuel devient Valéria, un prénom que je mets du temps à prononcer. Sa situation se stabilise. Nos appels et visites s'espacent. Il est temps de me recentrer sur moi. Aujourd'hui, nous sommes une famille séparée, mais une famille tout de même. Hugo a 8 ans, sa façon de voir son père s'est transformée... Il ne se rappelle pas de lui avant », mais a compris que notre situation est particulière. Dès qu'il le veut, il va voir Valéria, qu'il appelle désormais Mapa. À l'école, personne n'est au courant. Valéria le dépose une rue avant, ne se montre pas à la sortie. Je ne voulais pas que notre fils devienne malgré lui le porte-étendard d'une cause. C'est triste, mais je crois que les gens acceptent plus le fait qu'un père abandonne sa famille sans regarder en arrière plutôt qu'un parent investi mais transsexuel. De mon côté, je suis tombée amoureuse d'un nouvel homme. Une relation compliquée et toxique, pleine de mensonges et de trahisons - réels cette fois -, qui m'a bien plus abîmée que la rupture avec Samuel. J'ai mis deux ans à en sortir. Et Valéria m'a aidée tout le long. Aujourd'hui, elle sait tout ce qui se passe dans ma vie, et moi dans la sienne. Je ne la vois pas comme mon ex. Elle est l'autre parent de mon fils, mais aussi mon avez envie de raconter votre histoire ? Nos journalistes peuvent recueillir votre témoignage. Écrivez-nous à cmh
C’est l’histoire d’un mec… Un électeur FN, normalement, c’est une personne âgée assez aisée, qui aimerait interdire le rock, la techno et toutes les musiques de jeunes », qui vit dans un village paumé à la campagne et qui n’a jamais vu un Arabe de sa vie, une personne xénophobe pleine de préjugés qui regarde trop TF1. Ou bien c’est un pauvre gars inculte faisant partie de la frange la moins éduquée de la population, qui ne comprend pas le monde dans lequel il vit. J’ai la vingtaine et quelques années, je vis avec à peine 500 euros par mois, j’écoute du métal et de l’électro en passant par du rap, j’ai passé tout mon secondaire dans une ZEP et j’ai habité dans une banlieue encore après mon bac, j’ai été élevé dans une gauche Canal plus et chez nous le bouton 1 de la télécommande est resté à l’état neuf. J’ai toujours eu d’excellentes notes au cours de ma scolarité, avec notamment un 20 sur 20 en histoire/géo pour mon bac blanc, et je suis des études supérieures en étant à quelques semaines d’un master avec mention Bien. Moi, raciste ? Il y a une quinzaine d’années encore lorsque j’allais à un repas avec mes parents, et que j’entendais des convives dire qu’ils n’aimaient pas les Arabes et qu’ils votaient Le Pen, je sortais discrètement de la pièce pour aller dehors cracher sur leur bagnole. Moi, raciste ? Mes potes au collège s’appelaient Abdelkader et Saïd et je vomissais avec eux les fachos ». Moi, je ne suis pas dans le champ républicain » ? Je vous emmerde, la gauche. Je vous ai appartenu corps et âme assez longtemps pour avoir le droit de le dire, haut et fort. Je n’ai aucune leçon à recevoir de vous. Entre les deux tours de 2002 j’avais 15 ans et j’ai défilé contre Jean-Marie Le Pen. Qu’est-ce qui selon vous m’a rapproché de lui un peu plus tard ? Les paroles de division » de Nicolas Sarkozy ? Il n’existait pas à l’époque. C’est la réalité qui m’a fait voter FN quand tout dans mon éducation, mes valeurs, mes préjugés me destinait au contraire. Ce qui crée la division » dans ce pays ce ne sont pas les paroles des politiques, ces dernières ne sont que le reflet des aspirations qui viennent de la base, ce qui crée la division » c’est la présence de plusieurs peuples distincts sur un même territoire, à force d’immigration massive sur des dizaines d’années, démarche irresponsable dans le meilleur des cas, diabolique dans le pire des cas. Sarkozy n’a fait que récupérer la colère qui couvait, il ne l’a en rien créée. Le mot racailles » Nicolas Sarkozy ne l’a pas inventé, il l’a repris de la bouche de cette dame qui lui parlait à la fenêtre, parce qu’elle vit là -bas, elle. Ça vient d’en bas, c’est clair, la gauche ? C’est un jeune » qui vous parle, vous aimez tellement ce mot, un jeune qui constate que la division » c’est vous qui l’avez provoquée, encouragée, en important ici des populations qui nous étaient hostiles, par souvenir de la guerre d’Algérie, en les rendant encore plus hostiles avec le mouvement antiraciste », avec votre marche des beurs », en les appelant à revendiquer leurs origines tout en nous contraignant à avoir honte des nôtres, en apprenant à tous que tout ce qui était de souche » était nazi, colon, ignoble à tout point de vue, en nous effaçant littéralement de votre diversité », vous avez créé ce racisme dont vous ne parlez jamais, pourtant largement majoritaire dans les faits le racisme de ceux qui nous appellent les faces de craies ». Moi, raciste ? Je vous emmerde, tellement profondément, vous ne pouvez même pas l’imaginer. Votre multiculturalisme » je l’ai pris en pleine gueule. Vous m’avez fait croire qu’ils étaient français, ceux-là même qui m’insultaient de sale Français » quand c’était pas sale Blanc ». Plus jeune je recevais des stylos blancos au visage, et les insultes qui allaient avec. Je ne comprenais même pas ce que ça voulait dire. Je continuais à me prendre la tête avec des potes qui connaissaient le terrain encore mieux que moi et qui me disaient Ils nous emmerdent les Arabes », je leur répondais Attendez on les a colonisés quand-même ! C’est normal ! ». Plus tard, j’ai vécu dans un de ces quartiers, dans une autre ville. Je n’avais pas encore de voiture ni de permis, trop cher pour moi, alors je devais rentrer chez moi en bus le soir, sur cette ligne hautement fréquentée par les racailles. Une nuit, je rentrais avec ma petite amie et un pote, nous nous sommes faits encercler dans ce bus, ils étaient une bonne quinzaine, ils ont commencé à toucher les cheveux de ma copine en rigolant, elle bouillonnait autant que moi, mais que faire, ils étaient trop nombreux, comme toujours. Elle s’est retournée et a bougé leurs mains violemment, hey mais tiens ta femme toi » m’a dit un des gars, le ton est monté d’un cran et ils se rapprochaient, le chauffeur voyait mais n’a rien fait, on a réussi à descendre à l’arrêt suivant, sous les insultes, forcément. Quand les portes se refermaient j’ai dit Vous étonnez pas après qu’on vote Sarkozy ! », avant que mon pote n’ajoute Ou pire. », et je me souviens lui avoir dit Oh arrête, faut pas exagérer non plus…. ». Faut pas exagérer », putain, même après ça je ne voulais pas exagérer ». Ma copine ne disait rien mais pleurait de colère. Quelques mois après, cette fois je n’étais pas avec elle, elle s’était fait arracher son Ipod à un arrêt de bus. Et deux ou trois jours plus tard, alors qu’on était en ville, on a croisé le voleur avec des potes à lui, une dizaine, ils sont passés devant nous et ma copine m’a dit C’est lui » en le fixant d’un regard noir malgré ses yeux bleus. Et lui a dit à ses potes Wesh les cousins c’est elle ! » en pointant du doigt ma copine, et en riant. Ils sont passés devant nous en prenant soin de bien ralentir pour nous montrer comme ils étaient fiers de leur impunité, de notre impuissance. Je vous emmerde, la gauche. Grâce à vous j’ai dû passer ma jeunesse à accepter les agressions au faciès, à admettre les humiliations quotidiennes, à subir des situations qui font penser à certains récits de braves gens pendant l’occupation. Devoir gérer les rues que l’on va emprunter pour éviter leurs bandes, établir des diversions, être sur le qui-vive à chaque instant, se priver de sortir parfois, élaborer des parcours dans l’espoir de rentrer vivants, baisser les yeux et fermer la bouche, est-ce que ça parle à l’un d’entre vous ? Et encore, je ne parle ici que des agressions, des risques physiques, pas de tout le reste, du moins évident, de cette époque où il n’y a plus de place pour moi, pour nous. Moi, raciste ? Je vous emmerde de tout mon être. Je n’ai jamais eu de peurs irrationnelles, j’ai tout pesé et jugé sur le terrain. Je n’ai pas de préjugés, je n’ai que des post-jugés. Tout votre vocabulaire est à foutre aux ordures, toute votre artillerie lourde et votre chantage permanent n’ont plus aucun effet sur moi, comme sur des millions d’autres, c’est de la pluie sur un imperméable. Tout ce qui me définit aujourd’hui c’est la réalité qui me l’a appris. Je ne suis pas le fils d’Hitler mais celui des jeunesses antiracistes. Je suis le fils de votre matrice. Je suis le fruit de l’éducation nationale et de la FCPE, des cours d’éducation civique qui finissaient tard le soir, quand il faisait déjà nuit et qu’on n’était plus que 4 dans la classe car c’était ramadan. Je suis Libé et le Canard Enchaîné. Je suis de Caunes et Garcia, Nulle Part Ailleurs, Siné et le professeur Choron, Polac et Ardisson, CNN International et Jules-Édouard Moustic. Je suis une rédaction du brevet des collèges dans laquelle j’incendiais l’Etat autoritaire français qui selon moi avait tué Coluche. Je suis l’enfant de Desproges et Nina Hagen, de Robespierre et Ras l’Front. Je suis le rejeton de la culture. Vous m’avez fait, puis abandonné, je suis votre propre créature qui vous a échappé. Je suis l’archétype du garçon vif et intelligent, hostile d’instinct aux réactionnaires, je suis à mille lieues des conservateurs de tout bord et c’est précisément pour ça que je suis à mille lieues de vous, de vos slogans éculés et de vos poncifs périmés. Et je ne suis pas seul, il y a une autre jeunesse en France que vous ne voulez pas voir, qui ne vous intéresse pas, une jeunesse que vous n’excusez jamais, que vous n’écoutez jamais, que vous méprisez toujours, une jeunesse pleine d’énergie et de talent, d’envie et d’amour, une jeunesse qui ne brûle rien sinon de désir de changement, de vrai changement, elle est là dans la rue et dans les concerts, elle n’est pas honteuse elle veut simplement vivre, et vous ne la ferez plus taire avec vos mensonges et votre haine. Je suis le seul palestinien colonisé dont vous vous foutez. Je suis le seul type de Français qui n’a pas droit à votre tolérance ». Je suis celui qui fait s’effondrer toute votre propagande, vos réflexes usagés, comme le World Trade Center ou l’immeuble à la fin de Fight Club. C’est votre monde qui m’a fait, qui m’a conçu, je suis immunisé contre la culpabilité, vos anathèmes ne marchent plus. Je ne suis que la dernière conséquence de votre racisme contre tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à un Européen. Je suis une erreur dans votre système, je suis votre électeur FN. Christian Olivier