Ence sens, l'utilitĂ© de l'art est rĂ©currente, car elle suppose que toute activitĂ© n'est pas Ă  elle-mĂȘme sa propre fin, mais sert Ă  autre chose. Tout le problĂšme sera donc de montrer en quoi le critĂšre de l'utilitĂ© de l'art est ambigu. Nous nous attacherons dans un premier temps Ă  montrer en que l'art est un savoir-faire dĂ©terminer reposant sur la technique. Ce constat QuestionĂ©tonnante lorsqu’on y rĂ©flĂ©chit : faut-il chercher d’abord l’efficacitĂ© alors qu’avec la priĂšre nous sommes dans l’ordre de la gratuitĂ© ? Se poser la question de l’efficacitĂ© de la priĂšre, n’est-ce pas dĂ©jĂ  douter et comme l’on dit, ĂȘtre « dĂ©sabusĂ© » Cetteconception est donc dangereuse pour l'art lui-mĂȘme. L'art est un jeu dĂ©sintĂ©ressĂ© qui se justifie par sa seule beautĂ©. Date : vendredi 18 fĂ©vrier 2011. CONFÉRENCE PAR JEAN-PIERRE ESTRAMPES Association ALDÉRAN Toulouse pour la promotion de la Philosophie MAISON DE LA PHILOSOPHIE 29 rue de la digue, 31300 Toulouse TĂ©l : Lefact-checking sert-il Ă  quelque chose ? Une Ă©tude amĂ©ricaine estime que sur une Ă©chelle de 0 Ă  5 points mesurant l'adhĂ©sion aux propositions de diffĂ©rents articles, le Aumoins cette candidature aura servi Ă  quelque chose Le retour de Manuel Valls sur la Lire la suite. CatĂ©gories Fun , Musique Étiquettes Alizee, Barcelone, Lolita, Manuel Valls. Cette professeure et ses Ă©lĂšves font une entrĂ©e trĂšs remarquĂ©e Ă  l’école en dansant sur Thriller. 28 mai 2021 par malala. Cette professeure et ses Ă©lĂšves dĂ©cident de danser en reprenant la CorrigĂ©du sujet l'art sert-il Ă  quelque chose? Accepter les conditions - Refuser Vous devez avoir lu, compris et acceptĂ© toutes les conditions de notre service avant de l'utiliser. Obligations de s'engage Ă  fournir un service de qualitĂ© et Ă  assurer dans la mesure du possible et de ses compĂ©tences l'accĂšs au site et aux corrections fournies. Le paiement du Cest ce que l’art a pour tĂąche de reprĂ©senter, et il le fait au moyen de l’apparence qui, comme telle, nous est indiffĂ©rente, dĂšs l’instant oĂč elle sert Ă  Ă©veiller en nous le sentiment et la conscience de quelque chose de plus Ă©levĂ©. C’est ainsi que l’art renseigne sur l’humain, Ă©veille des sentiments endormis, nous met Lart implique le sujet que nous sommes engagĂ©s dans l’ĂȘtre de l’objet au point oĂč l’objet se met Ă  transformer notre vie subjective comme notre vie subjective lui donne de se dĂ©ployer dans toute ses dimensions. Le sujet se comprend et se ressent en l’objet d’art et l’objet d’art implique dans son ĂȘtre la vie du sujet lui ouvrant de nouveaux horizons d’ĂȘtre. Lart ne doit pas seulement ĂȘtre entendu dans le sens de « beaux-arts » : il ne faut pas oublier l'art de l'artisan, qui lui aussi rĂ©clame une technique, c'est-Ă -dire un ensemble de rĂšgles Ă  respecter.Il est clair cependant que les beaux-arts n'ont pas la mĂȘme finalitĂ© puisqu'ils recherchent le beau et produisent des objets dĂ©pourvus d'utilitĂ©. Lart est utile, car il fait de la main de l'Homme le moteur du monde matĂ©riel, au sens littĂ©ral du terme. En tant que l'art imite la nature, il peut entraver l'Homme physiquement. En effet, le mouvement du corps peut entraver sa capacitĂ© Ă  penser. u7oYU. A L'art est inutile L'Ɠuvre d'art est un objet sensible, c'est-Ă -dire qu'il s'adresse Ă  mes sens, mais contrairement aux autres objets, je ne l'utilise pas. C'est pour cela que Kant explique dans la Critique de la facultĂ© de juger que le plaisir esthĂ©tique qui vient de la contemplation d'une Ɠuvre d'art est un plaisir dĂ©sintĂ©ressĂ© ce n'est pas la consommation ou l'utilisation de l'Ɠuvre d'art qui me procure du plaisir dans l'expĂ©rience esthĂ©tique. L'art se dĂ©finit donc par sa fin, qui est non utilitaire. En fait, la plupart des Ɠuvres d'art avaient une utilitĂ© au moment de leur crĂ©ation, mais c'est une fois que cette utilitĂ© s'est estompĂ©e qu'on peut vĂ©ritablement dire que l'Ɠuvre est une Ɠuvre d'art. Exemple Le Tympan du Jugement Dernier de l'abbatiale de Conques avait pour but de susciter chez l'observateur la peur du Jugement et de l'Enfer, afin qu'il conforme sa vie aux prĂ©ceptes de l'Église. Cela signifie donc qu'en droit, tout peut ĂȘtre une Ɠuvre d'art. Ce qui dĂ©finit une Ɠuvre d'art, c'est d'abord le rapport respectueux, mis Ă  distance, dĂ©sintĂ©ressĂ© que j'entretiens avec elle. C'est d'ailleurs ce que veut signifier Marcel Duchamp 1887-1968 quand il cherche Ă  exposer en 1917 Ă  New York son Ɠuvre Fontaine, qui n'est autre qu'un urinoir renversĂ©, c'est-Ă -dire l'objet le plus banal et trivial qui soit. Marcel Duchamp, Fontaine, 1917 B Juger le beau Si, en droit, tout peut ĂȘtre une Ɠuvre d'art, qui dĂ©cide alors qu'une Ɠuvre est une Ɠuvre d'art ? Quand j'estime que quelque chose est beau, quand je juge de la beautĂ© d'une Ɠuvre, tout le monde doit-il ĂȘtre d'accord avec moi ? Kant, dans la Critique de la facultĂ© de juger, explique qu'il faut distinguer le beau par exemple, La Joconde est belle », de l'agrĂ©able par exemple, ce vin est trĂšs bon ». Ces deux phrases constituent un jugement, qui consiste Ă  qualifier un sujet La Joconde » ou ce vin » au moyen d'un prĂ©dicat belle » ou trĂšs bon ». De plus, ces jugements sont tous les deux subjectifs mĂȘme dans le cas de La Joconde, la beautĂ© n'est pas une propriĂ©tĂ© de l'objet que je juge beau si je dissĂšque ce tableau, je ne trouverai jamais une propriĂ©tĂ© chimique qui serait la beautĂ©, ce n'est donc pas un jugement objectif. NĂ©anmoins, si nous acceptons trĂšs bien que le jugement du caractĂšre agrĂ©able d'un objet soit particulier les goĂ»ts et les couleurs ne se discutent pas », pour le beau, nous jugeons comme si tout le monde devait ĂȘtre d'accord avec nous. Le jugement esthĂ©tique est donc un jugement subjectif universel, dans le sens oĂč il est universalisable je sais que mon jugement ne va pas ĂȘtre partagĂ© par tous, mais je juge comme si c'Ă©tait le cas. Remarques Une mĂȘme Ɠuvre peut faire l'objet d'un jugement esthĂ©tique sur le beau ou d'un jugement sur son caractĂšre agrĂ©able. Ainsi, si on utilise Le Printemps d'Antonio Vivaldi comme musique d'attente, on le fait pour son caractĂšre agrĂ©able, alors que si on l'Ă©coute pour lui-mĂȘme, celui-ci fait l'objet d'un jugement esthĂ©tique. De plus, une Ɠuvre belle peut ĂȘtre en mĂȘme temps assez dĂ©sagrĂ©able, comme le poĂšme Une Charogne » de Charles Baudelaire 1821-1867 qui convoque des images de putrĂ©faction et de corps mort. RepÈres Objectif/subjectif Est objectif ce qui se rapporte Ă  l'objet de la connaissance. Un jugement objectif ne dĂ©pend pas du sujet qui l'Ă©nonce et est donc nĂ©cessairement universel. Est subjectif ce qui se rapporte au sujet de la connaissance. Un jugement subjectif devrait donc toujours dĂ©pendre du sujet qui l'Ă©nonce et ĂȘtre particulier, mais le jugement esthĂ©tique chez Kant est Ă  la fois subjectif et universel. Universel/particulier Est universel ce qui vaut en tout temps et en tout lieu, c'est-Ă -dire ce qui ne souffre aucune exception. Est particulier ce qui appartient en propre Ă  un individu ou Ă  un groupe restreint d'individus. A quoi sert l’Art ? » samedi 13 octobre 2007 jumelĂ© Famili Jazz De 17 h30 Ă  19 h Buvette des Economats du FamilistĂšre Animation Jean-Paul SENELLART La multiplicitĂ© des points de vue sur l’Art et des formes d’Art, rend difficile toute rĂ©flexion sur l’Art. Et pourtant il doit bien y avoir quelque chose de commun entre toutes ces crĂ©ations que l’on appelle artistiques
 Autre difficultĂ© suffit-il d’affirmer, Ă  propos d’une production, qu’elle est une Ɠuvre d’art pour qu’elle en soit une ? Pour savoir Ă  quoi sert l’art, il faudra bien savoir de quoi on parle
 Pour Bergson, l’artiste est celui qui est capable de se dĂ©tacher de la rĂ©alitĂ©, de "notre besoin de vivre et d’agir" qui "nous a amenĂ© Ă  rĂ©trĂ©cir et Ă  vider" notre vision du monde. DĂšs lors l’art sert Ă  nous rĂ©vĂ©ler en nous et hors de nous ce que nos prĂ©occupations matĂ©rielles nous empĂȘchent de voir. Pour le peintre Paul Klee "l’art ne reproduit pas le visible, il rend visible". Pour d’autres dans le dĂ©sordre, l’Art doit imiter la nature, ĂȘtre engagĂ©, rendre compte de la rĂ©alitĂ© humaine, exprimer des idĂ©aux, la beautĂ©, nous rapprocher de Dieu
 et bien d’autres choses encore ! La minute Ă©tymologique de Patrice Bourrec Art aptitude, habiletĂ© Ă  faire quelque chose Famille d’une racine indo-europĂ©enne are adapter qui apparaĂźt dans le latin artus membre d’oĂč artis maniĂšre avec glissement dans le grec harmonia juste rapport. CinĂ©philie-philo Manuel CarĂ© SONATE D’AUTOMNE d’Ingmar Bergman 1978 Une pianiste de renommĂ©e internationale retrouve sa fille qu’elle n’a pas vu depuis sept ans. Elle s’aperçoit que sa carriĂšre artistique a primĂ© sur sa vie sentimentale et familiale. La Foire internationale d'art contemporain Fiac, qui s'ouvre jeudi Ă  Paris, illustre plusieurs des travers dĂ©noncĂ©s par les pourfendeurs de ce milieu. Des critiques qui ne sont pas toutes rejetĂ©es par les acteurs de ce marchĂ© jeudi 18 au dimanche 21 octobre se tient "l'Ă©vĂ©nement le plus drĂŽle de Paris", du moins aux yeux de l'animateur Pascal Praud la Fiac, la grande foire d'art contemporain qui investit chaque annĂ©e le Grand Palais Ă  Paris. Fervent dĂ©fenseur du "bon sens", le chroniqueur tĂ©lĂ© ne manque pas une occasion de qualifier l'art contemporain de "plus grande escroquerie de notre Ă©poque", et avait raillĂ© la Fiac en 2014, sur RTL, expliquant qu'on pouvait y voir "des gogos blindĂ©s jusqu'Ă  l'ISF ... se pĂąmer devant une sculpture reprĂ©sentant une crotte de chien". >> VIDEO. Vous ĂȘtes totalement hermĂ©tique Ă  l'art contemporain ? Ces quatre Ɠuvres pourraient bien vous faire changer d'avis. Il n'est pas le seul Ă  avoir ce point de vue. L'Ă©vĂ©nement, destinĂ© Ă  la fois aux collectionneurs et aux curieux, cristallise chaque annĂ©e toutes les critiques habituelles entendues au sujet de l'art contemporain. Elles reviennent dans la bouche de nombreux sceptiques, qu'ils soient hermĂ©tiques Ă  l'art en gĂ©nĂ©ral ou plus particuliĂšrement fanatiques des peintres et sculpteurs des siĂšcles prĂ©cĂ©dents. Et peut-ĂȘtre que vous-mĂȘme, qui lisez cet article, en faites partie. Nous avons tentĂ© de rĂ©pondre Ă  six affirmations trĂšs rĂ©pandues quand il s'agit de pourfendre l'art contemporain, et de dĂ©celer leur part de vĂ©ritĂ© ou de caricature. "Je ne vois pas pourquoi je devrais aimer des Ɠuvres moches" Vous l'avez remarquĂ© les artistes contemporains ne cherchent plus forcĂ©ment Ă  faire du beau. La journaliste et critique d'art Elisabeth Couturier reconnaĂźt elle-mĂȘme que la beautĂ© "n'est pas ce qu'on attend en prioritĂ©" dans le milieu. "On espĂšre surtout d'une Ɠuvre qu'elle nous questionne, nous dĂ©stabilise". Vous pouvez ne pas partager cet avis, mais il est largement rĂ©pandu chez ceux qui font l'art contemporain, ceux qui l'exposent et ceux qui le recommandent dans les mĂ©dias. Cela dit, l'art contemporain n'a pas inventĂ© cette dĂ©marche. Prenez Gustave Courbet, un peintre du XIXe siĂšcle que vous apprĂ©ciez sans doute – c'est en tout cas le cas de nombreux dĂ©tracteurs de l'art contemporain. Vous trouvez peut-ĂȘtre son Ɠuvre "belle" par sa maĂźtrise de la peinture, mais "quand il a peint Un enterrement Ă  Ornans, un tel rĂ©alisme Ă©tait considĂ©rĂ© comme ce qu'il y avait de plus laid", explique Elisabeth Couturier. "On pensait que l'art devait transcender la rĂ©alitĂ©". Mais si vous cherchez la beautĂ©, elle existe toujours. Jean Blaise, crĂ©ateur du parcours d'art contemporain Le Voyage Ă  Nantes, cite en exemple le Serpent d'ocĂ©an du Chinois Huang Yong Ping, installĂ© en 2012 Ă  Saint-BrĂ©vin Loire-Atlantique. Dans l'esprit de l'artiste, ce squelette de serpent qui entre et sort de l'eau au rythme des marĂ©es "venait nous annoncer de trĂšs mauvaises nouvelles pour la planĂšte". "Mais en plus de donner un message, c'est une Ɠuvre Ă©poustouflante, qui a trĂšs vite Ă©tĂ© adoptĂ©e par tout le monde", se souvient-il. Et Ă  l'inverse, faire du "moche" a parfois un sens. Ainsi, en 2009, Jean Blaise cherche une Ɠuvre Ă  disposer face Ă  la nouvelle Ă©cole d'architecture de Nantes "En voyant ce trĂšs beau bĂątiment, on s'est dit qu'il serait plus intĂ©ressant de le provoquer", plutĂŽt que d'installer une statue qui se serait fondue dans le dĂ©cor. Son Ă©quipe choisit le collectif nĂ©erlandais Van Lieshout, qui conçoit "une espĂšce de gros chewing-gum bleu layette", tranchant avec la perfection moderne de l'Ă©cole. "Jean-Marc Ayrault [alors maire de Nantes] n'a pas du tout adorĂ©, parce que ça venait perturber un magnifique travail. Mais, aprĂšs une longue discussion sur le rĂŽle de l'art, il a fini par comprendre notre dĂ©marche et accepter". Ce qui montre que vous n'ĂȘtes pas le seul Ă  ĂȘtre sceptique, mais qu'on peut revoir ses positions. "Ma fille de 5 ans pourrait faire aussi bien, et moi aussi je pourrais m'y mettre" Si ce que vous admirez dans l'art, c'est le don du Caravage pour peindre la lumiĂšre, on peut comprendre que vous restiez perplexe face Ă  une toile entiĂšrement recouverte de blanc, ou que vous envisagiez d'orienter vos enfants vers une lucrative carriĂšre de peintre minimaliste. MĂȘme si les monochromes apparaissent dĂšs le dĂ©but de XXe siĂšcle, et ne sont donc pas une invention contemporaine, ils illustrent bien ce qui dĂ©range beaucoup de monde au sujet de l'art contemporain une forme de simplicitĂ©. Mais "essayez, vous verrez, ce n'est pas si facile de peindre un monochrome", prĂ©vient BĂ©atrice Joyeux-Prunel, maĂźtre de confĂ©rences en histoire de l'art contemporain Ă  l'Ecole normale supĂ©rieure de Paris. Ces toiles se distinguent les unes des autres par un travail sur la gĂ©omĂ©trie, la texture ou la teinte de blanc, qui n'est jamais totalement pure cette vidĂ©o de Vox, en anglais, vous en dira plus. Mais leur intĂ©rĂȘt rĂ©side aussi dans la dĂ©marche de l'artiste. Eh oui, "tout le monde peut avoir l'idĂ©e d'un monochrome, mais encore faut-il le faire", estime BĂ©atrice Joyeux-Prunel, et, a priori, ce n'est pas votre cas. Et si, demain, vous tentez de vendre Ă  un galeriste une toile simplement couverte de peinture blanche par vos enfants, il n'est pas sĂ»r qu'il l'achĂšte. "Pour que ce soit considĂ©rĂ© comme de l'art, il faut que ce soit adoubĂ© par le milieu", estime Elisabeth Couturier, qui a Ă©crit Art contemporain le guide Flammarion, 2015. Et cette reconnaissance des musĂ©es ou de la critique est attribuĂ©e quand ceux-ci voient que "l'artiste reprend le fil de l'histoire, qu'il emprunte les chemins ouverts par d'autres plasticiens avant lui et qu'il les ouvre encore plus". En clair, qu'il apporte quelque chose de nouveau. Prenez par exemple Fontaine, l'Ɠuvre la plus cĂ©lĂšbre du plasticien Marcel Duchamp il s'agit d'un urinoir en porcelaine, renversĂ© et signĂ© par l'artiste. Vous aussi pourriez en acheter un dans le commerce et tenter de faire la mĂȘme "Ɠuvre". Mais en prĂ©sentant cet objet dans une exposition Ă  New York en 1917 – elle fut refusĂ©e –, Duchamp faisait preuve d'un culot rĂ©volutionnaire, qui a contribuĂ© Ă  redĂ©finir ce qu'est une Ɠuvre d'art, et continue d'influencer des artistes actuels. C'est la dĂ©marche qui en fait une piĂšce majeure. Aujourd'hui, il est donc totalement acceptĂ© dans le milieu de l'art de prĂ©senter des Ɠuvres qui ne demandent pas de technique de la part de l'artiste. Et elles peuvent ĂȘtre saluĂ©es par la critique. Elisabeth Couturier prend pour exemple Mathieu Mercier, un plasticien français contemporain, auteur d'une sĂ©rie d'installations, Drum & Bass, "qui ne sont faites qu'avec des objets que vous pourriez acheter dans un magasin de bricolage. Mais quand vous les regardez, vous ĂȘtes comme devant un tableau de Mondrian", dont vous avez sans doute dĂ©jĂ  vu sans forcĂ©ment le savoir les quadrillages minimalistes et colorĂ©s. "Quand on se prend au jeu, on comprend qu'on peut faire des figures avec autre chose qu'un pinceau et de la couleur." "Vous faites semblant de trouver ça profond, mais ça n'a aucun sens" Vous aviez peut-ĂȘtre beaucoup ri en lisant qu'en 2016, un visiteur du musĂ©e d'art moderne de San Francisco avait posĂ© ses lunettes sur le sol et que certains visiteurs avaient cru qu'il s'agissait d'une Ɠuvre. S'il est juste un blagueur, est-ce aussi le cas de Marcel Duchamp et de son urinoir ? "On peut croire que c'est un escroc, mais il y a des bibliothĂšques entiĂšres remplies d'auteurs qui ont passĂ© leur vie Ă  contempler son gĂ©nie", balaye Elisabeth Couturier. "Ça veut quand mĂȘme dire qu'il a touchĂ© quelque chose. Il a ouvert des milliers de perspectives". Andy Warhol, dont le travail repose grandement sur le fait d'exposer comme des Ɠuvres d'art des objets emblĂ©matiques de la sociĂ©tĂ© de consommation, n'aurait pas existĂ© si Duchamp n'avait pas redĂ©fini ce qui peut ĂȘtre une Ɠuvre. Vous aurez donc du mal Ă  convaincre des gĂ©nĂ©rations d'historiens que l'urinoir de Duchamp n'a en fait aucun sens. Mais il arrive bien sĂ»r aux dĂ©fenseurs de l'art contemporain eux-mĂȘmes de trouver certains artistes, pourtant reconnus, totalement inintĂ©ressants. StĂ©phane Correard, qui tient lui-mĂȘme un salon de galeristes, n'est par exemple pas convaincu par le travail de Daniel Buren, l'auteur des fameuses colonnes installĂ©es dans la cour du Palais-Royal Ă  Paris. "Il a un discours thĂ©orique trĂšs fort, mais en rĂ©alitĂ©, son travail s'est 'spectacularisĂ©' au fil des annĂ©es, et aujourd'hui c'est devenu purement de la dĂ©coration", estime-t-il. Comme pour la musique ou le cinĂ©ma, vous pouvez donc parfaitement trouver sans intĂ©rĂȘt un artiste reconnu. StĂ©phane CorrĂ©ard rĂ©sume "Il y a des choses qu'on aime et d'autres, non. Ce qui n'a pas de sens, c'est d'ĂȘtre pour ou contre l'art contemporain dans son ensemble". "Je ne veux pas avoir besoin d'une notice pour comprendre les Ɠuvres" Vous n'ĂȘtes pas le seul le sujet dĂ©chire aussi les amateurs d'art contemporain. "Dans les Ă©coles d'art, le discours d'un artiste sur son travail a presque plus d'importance que le travail lui-mĂȘme", dĂ©plore ainsi StĂ©phane CorrĂ©ard. "Pour moi, la vĂ©ritĂ© d'une Ɠuvre doit se trouver dans l'Ɠuvre elle-mĂȘme. Ça doit rester quelque chose qu'on pourrait redĂ©couvrir plusieurs siĂšcles aprĂšs et comprendre." Quelle quantitĂ© d'informations faut-il donner au spectateur ? La taille des cartels qui accompagnent les Ɠuvres varie considĂ©rablement selon les musĂ©es. "Il faut donner quelques clĂ©s, mais aussi faire comprendre que ce n'est pas le plus important. Quand on a appris Ă  approcher l'art, les clĂ©s, on va les chercher soi-mĂȘme", estime Jean Blaise, qui a passĂ© sa carriĂšre Ă  installer l'art contemporain dans l'espace public. D'autant qu'une Ɠuvre n'a pas forcĂ©ment qu'un sens, dĂ©terminĂ© par l'artiste. Pour Elisabeth Couturier, "une Ɠuvre forte Ă©voque des tas de choses, que l'artiste a parfois mises inconsciemment". Et il arrive qu'il n'y ait rien de particulier Ă  comprendre. "Un artiste comme James Turrell fait appel au corps et aux sens", avec ses piĂšces vides oĂč il joue sur la lumiĂšre, explique la critique d'art. "Vous entrez et vous ĂȘtes immergĂ© dans une ambiance de couleur, du bleu, du noir. Vous ne voyez plus les arĂȘtes de la piĂšce, il vous fait perdre vos repĂšres, vous osez Ă  peine marcher. C'est magnifique". "Tout ça ne sert qu'Ă  faire de l'argent" Sans doute que la Fiac, avec ses 193 stands oĂč les Ɠuvres sont Ă  vendre, n'est pas l'Ă©vĂ©nement qui vous convaincra du contraire. StĂ©phane CorrĂ©ard trouve Ă©tonnant que "le principal Ă©vĂ©nement d'art contemporain dans l'annĂ©e soit une foire marchande". Dans le milieu de l'art, "la lĂ©gitimitĂ© apportĂ©e par le marchĂ© a dĂ©passĂ© celle apportĂ©e par les conservateurs de musĂ©es", s'inquiĂšte d'ailleurs le critique et collectionneur. Etre vendu cher fera plus de bien Ă  la carriĂšre d'un artiste que d'ĂȘtre admirĂ© par les musĂ©es, qui finissent par suivre les collectionneurs StĂ©phane CorrĂ©ard relĂšve que le Centre Pompidou Ă  Paris expose "Ă  90% des stars du marchĂ©". Vous n'avez donc pas tort en imaginant que l'argent influence au moins une partie de l'art contemporain. MĂȘme le trĂšs connu et trĂšs politique street-artist Banksy n'Ă©chappe pas au fait que ses Ɠuvres soient vendues aux enchĂšres – et quand il met en scĂšne l'autodestruction d'une de ses toiles, elle prend de la valeur. Pour les artistes, il devient difficile de se faire un nom et de vivre de leur art sans plaire aux grands collectionneurs, "des multimillionnaires qui n'ont pas forcĂ©ment une ouverture artistique Ă©norme", prĂ©cise StĂ©phane CorrĂ©ard. "Si les musiciens devaient ĂȘtre financĂ©s par Bernard Arnault ou François Pinault [deux milliardaires français et mĂ©cĂšnes importants de l'art contemporain], poursuit-il, le hard rock ou le rap existeraient-ils ?" Les critiques voient surgir des artistes "qui dĂ©fraient le marchĂ© et dont on se demande pourquoi ils sont mis en avant", estime Elisabeth Couturier, si ce n'est qu'ils plaisent Ă  ceux qui ont les moyens de les acheter. Elle se souvient notamment des "formalistes zombies", des peintres abstraits Ă  la mode en 2014 "et qui ne valent plus un clou aujourd'hui". Leurs tableaux ne portaient aucune idĂ©e forte mais Ă©taient "parfaits pour les dĂ©corateurs", rĂ©sume le New York Magazine. Mais avant de rejeter l'art contemporain parce qu'il aurait vendu son Ăąme, sachez tout de mĂȘme que tout cela n'est pas nouveau. Auteure de Les Avant-gardes artistiques. Une histoire transnationale, BĂ©atrice Joyeux-Prunel rappelle que nombre de ces mouvements d'avant-garde "ont pu innover parce que les artistes vendaient une production plus classique Ă  cĂŽtĂ©", tel Monet, envoyĂ© peindre des vues sur la CĂŽte d'Azur parce qu'elles plaisaient aux collectionneurs amĂ©ricains. En revanche, ce phĂ©nomĂšne prend aujourd'hui des proportions jamais vues dans le cas de certains artistes les plus chers du monde. La production de Damien Hirst ou Jeff Koons s'est transformĂ©e en une industrie qui emploie des dizaines de personnes, pour satisfaire la demande. "Je pense qu'ils sont aujourd'hui plus proches de ce qu'est une maison de couture qu'un artiste", estime StĂ©phane CorrĂ©ard des marques qui produisent de façon crĂ©ative, mais pour vendre Ă  des clients fortunĂ©s. Il imagine mĂȘme un futur oĂč ces stars auraient "vocation Ă  ĂȘtre remplacĂ©es un jour, Ă  la tĂȘte de leur griffe, par de jeunes stylistes qui apporteraient de nouvelles idĂ©es". La mĂ©tamorphose de certains artistes en marques, que vous pouvez dĂ©plorer, serait alors complĂšte. "On ne se souviendra jamais de ces artistes comme on se souvient de Van Gogh aujourd'hui" Cela, vous n'en savez rien, et les professionnels de l'art non plus. "Moi-mĂȘme, je me pose souvent cette question", admet Jean Blaise. "Je pense qu'on ne sait pas lesquels des artistes contemporains resteront Ă  la postĂ©ritĂ©". Ce qui est sĂ»r, c'est que l'art contemporain a un handicap par rapport aux courants qui l'ont prĂ©cĂ©dĂ© il est contemporain, justement, et le "tri" de l'histoire, qui permet de distinguer les grands artistes des autres, ne s'est pas encore fait. "A l'Ă©poque de Van Gogh, il y avait des centaines de Van Gogh, en moins bons", s'amuse Elisabeth Couturier. Mais ils sont tombĂ©s dans l'oubli, et vous ne les voyez pas sur les murs des musĂ©es. De plus, vous n'ignorez sans doute pas que parmi les artistes entrĂ©s au PanthĂ©on de l'art, beaucoup Ă©taient aussi trĂšs critiquĂ©s en leur temps. "A une Ă©poque, 99% des gens pensaient que Picasso n'Ă©tait pas un artiste", rappelle Jean Blaise. "Aujourd'hui, quand je regarde les personnes en train de faire la queue pour admirer la derniĂšre exposition Picasso, je me dis qu'Ă  l'Ă©poque, elles auraient sans doute dĂ©testĂ©".